Je crois: mercredi 30 Août.

Wednesday 30 August 1944

15 jours que je n’ai plus écrit et que de choses en 15 jours. Débarquement (enfin!), bagarre aux côtés des Américains, 150 prisonniers, mon entrée dans l’armée des DFL, la 1ère Division Koenig, celle de Bir-Achiem et de la Lybie1, - et enfin et surtout mes 24 (même pas, 10 ou 11 en tout) heures chez moi.

Mais raconter tout, je ne le peux pas. J’ai un travail fou, comptes rendus non faits, prise en main de la section SOM qu’on m’a donnée, mon prédécesseur me jouant des tours de dégoûtant, - et je vais me contenter de faire ici le brouillon du C.R. que j’envoie au Colonel Lelaquet2 Cdt les F.F.I. du Var.

- J’antidate -

Aux Armées 28/8/44

Le Lieutenant Sivirine (ex Vallier)
au Lt Colonel Lelaquet Cdt la
Subdivision militaire du Var

J’ai l’honneur de vous rendre compte de l’activité du maquis CFL que je commandais depuis le moment où on nous a annoncé le débarquement jusqu’à notre engagement dans la 1ère Division des Forces Françaises Libres.

Effectif au 9/8/44: 60 hommes constitués en 4 groupes de combat, armés de F.M. anglais Bren avec 150 cartouches chacun, chaque homme étant armé soit d’un fusil (Mousqueton français ou Mauser allemand avec un minimum de 50 cartouches chacun), soit d’une mitraillette Sten avec 6 charges et de grenades.

9/8 - A 19 heures 30 un courrier de Hyères nous prévient que le débarquement est pour la semaine suivante et nous fixe rendez vous sur la route des Mayons près du Luc et de Gonfaron. A 22 heures nous partons de notre camp situé à 8 km au dessus de Brue-Aurillac et nous arrivons, dans la matinée du 12, au carrefour des Mayons, après avoir fait à pied 110 km en 4 jours avec tout le sac sur le dos, soit environ 30 ou 40 kg de moyenne pour chacun. N’ayant aucun vivre de réserve, le dernier jour nous mangeons en tout 2 tomates chacun en 36 heures, sans pain . Dans la région entre le Val et les Mayons nous sommes obligés de faire de nombreux détours pour éviter les patrouilles allemandes ayant reçu l’ordre formel de ne pas nous faire repérer.

13/8 - Nous arrivons à Valescure (entre les mayons et Collobrières) où nous restons jusqu’au matin du 15/8.

15/8 - Dès que nous apprenons le débarquement, nous descendons à Collobrières et nous occupons le village avec 2 barrages aux l’entrées du village. En s’installant, un des groupes se rencontre avec un camion allemand, blesse trois hommes de ce groupe et force les autres à s’égailler dans la campagne. Mon groupe ramène le camion avec toutes les armes et les bagages et les Allemands au nombre de 20 environ, se rendront le soir dès qu’arriveront les Américains. Deux de mes hommes sont blessés dans la bagarre.

Dès l’arrivée des Américains, je me mets en liaison avec eux (vers 17 h environ) et nous effectuons tous les services de garde qu’ils nous demandent. A son départ, le lendemain matin, l’officier américain me félicite sur la tenue de mes hommes.

16/8 - D’accord avec le Colonel américain nous allons attaquer la ferme Lambert, gros dépôt et poste de repérage allemand occupé par environ 120 hommes. Effectifs de notre côté: 120 américains, 40 hommes du maquis et 20 hommes de Collobrières sous la direction du chef de la Résistance Étienne3.

Arrivés au sommet, les Américains reçoivent par radio l’ordre de ne pas attaquer et nous y allons seuls avec les Collobriérois. Les Allemands qui nous ont vu monter se sont enfuis en débandade et nous trouvons en désordre un matériel très important, dont un camion tout chargé prêt à partir qu’ils ont abandonné au dernier moment. Je fais descendre un camion plein de vivres pour la population civile et le lendemain plusieurs camions en redescendront encore à Collobrières. Dans l’armement pris se trouvent 2 canons de 25, plusieurs mitrailleuses et F.M. (dont nous en emportons 3) des fusils 36 français et beaucoup de grenades.

17/8 - Notre rôle étant terminé à Collobrières nous descendons vers Pierrefeu avec un groupe de 18 volontaires collobriérois sous la direction d’Etienne. Au total nous sommes 65, j’ai été obligé de laisser les blessés, les malades et des garde-magasin.

Après Pierrefeu, nous apprenons qu’aucune infanterie n’a encore passé sur la route de Hyères mais qu’une reconnaissance d’autos blindées est sur la route. Nous descendons derrière elle et l’officier américain qui la commande me dit d’attendre à St Isidore le renfort d’infanterie et de tanks nécessaire pour atteindre le carrefour de la route de Hyères avec celle de la Crau. Ce renfort (120 hommes environ et 9 tanks) arrive vers 16 heures, nous attaquons de concert et sous un feu violent d’armes automatiques installées sur les pentes du Redon, nous atteignons le carrefour. Là nous recevons un intense pilonnage d’artillerie durant 1 heure 30 environ, pendant lequel j’ai plusieurs blessés, dont un gravement et les Américains ont un tué et plusieurs blessés également5.

D’accord avec le Capitaine américain (Captain Campbell, Co A. 7th Infry Regt AP03) nous occupons les flancs : vallon de Sauvebonne d’un côté et rives du Réal Martin de l’autre pendant que les Américains6 tiennent le centre devant Sauvebonne. Dans un court engagement mon groupe de Valbonne tue un Allemand et fait 3 prisonniers que nous remettons aux Américains à Pierrefeu.

Le 18 et le 19, l’artillerie américaine pilonne le Redon4 et nous sommes bombardés par l’artillerie allemande à plusieurs reprises, mais sans pertes de notre côté. Dans la nuit engagement sans résultat avec une patrouille allemande qui a réussi à traverser le Réal Martin.

Le 19 le groupe de Collobrières rejoint son village.

Sur la demande du capitaine américain j’envoie une patrouille de prise de contact avec le BM 117 aux Borels, cette patrouille servant ensuite de guide au BM 11 jusqu’au Viet.

Le 19 au soir les Américains partent8 et sont relevés par le BM 11. Je me mets à la disposition du Commandant du BM 11 qui me demande 10 hommes pour servir de guides dans l’attaque de la Crau. Ces dix hommes fonctionnent à l’entière satisfaction du BM 11 qui demande à les engager de suite. Un des guides est porté disparu en combat le 20.

Nous nous regroupons le 21 et le 22, habillés par le BM 5 nous descendons sur Hyères où nous arrivons à 16 heures. Sur l’ordre du Colonel Cdt les F.F.I.9 nous repartons à 16 heures 45 à la presqu’île de Giens pour empêcher les Allemands d’évacuer la presqu’île. J’installe un groupe avec 2 F.M. sur le toit des hangars du Palyvestre10, un groupe avec 2 F.M. au pont de la Plage et je vais avec 6 hommes effectuer une patrouille dans les bois de la Plage. Nous essuyons plusieurs coups de Mauser, mais ne pouvons retrouver les tireurs.

Vers 19 heures 30 un groupe de 5 à 6 Allemands qui cherchait à s’échapper à travers les marais est aperçu par le groupe du Palyvestre qui ouvre le feu aussitôt avec toutes ses armes automatiques et semble avoir abattu 3 hommes. A 20 heures 15, un autre groupe d’Allemands est attaqué par mon groupe du pont qui en descend encore 2, sûrement blessés ou tués.

Pour la nuit j’installe mon poste de guet sur la route du Palyvestre, et à 1 heure 30 le poste arrête 2 civils marchant pieds nus, porteurs tous deux de pistolets allemands, l’un ayant encore son livret militaire de soldat allemand et parlant assez difficilement le français. Ils se prétendent Alsaciens mais après un interrogatoire serré et deux heures de position debout dans le coin avec les bras en l’air, ils se décident à parler et à me dire qu’il reste à la Badine11 et à Giens 150 à 160 hommes environ. Je décide d’envoyer l’un des deux comme parlementaire en lui faisant croire que nous n’étions qu’un poste avancé et que le lendemain une grosse attaque serait déclenchée contre Giens.

Le lendemain matin à 5 heures 1/2 avec un vélo qu’on m’a prêté, je l’envoie à la Badine avec la lettre suivante:

lettre recto

lettre recto

Mercredi matin 5 heures 1/2

Le Colonel Vallier, Cdt les troupes
Françaises d’occupation de Hyères

au Cdt Allemand de la Bie
de la Badine

Conditions de reddition

Le Commandant Allemand se présentera avec 4 officiers ou sous officiers et le parlementaire sans armes, et avec un mouchoir blanc sur la poitrine à 7 heures 30 précises au croisement de la route d’Hyères et de la Plage. Il sera suivi de ses hommes par groupes de 25 sans armes toutes les 15 minutes à partir de 7 h 45.

Dans ces conditions, ils seront considérés comme prisonniers de guerre et traités suivant les lois internationales

Si à 8 h au plus tard, le Cdt ne se présentait pas, le tir de destruction d’artillerie serait aussitôt déclenché par terre et par mer et il serait considéré que le Commandant refuse les conditions de reddition.

Le Colonel Vallier, Cdt les FOH

Vallier

Je donne ma parole d’officier de me conformer loyalement aux clauses ci-dessus.

signé: Widmann

Le Commandant Allemand

de la Badine

Bien que n’ayant aucune possibilité de liaison avec l’artillerie je me suis permis de parler de déclenchement de tir pour impressionner les Allemands. C’est dans le même but que je me suis permis de signer le Colonel Vallier.

Un peu avant huit heures arrivaient les officiers et tout le reste suivait suivant l’horaire prévu. A 9 h 30 la colonne partait, se composant de 154 prisonniers gardés par 38 Maquisards. Nous sommes montés jusqu’à la Caserne de Hyères où j’ai remis les prisonniers à l’officier responsable sans que mes hommes n’aient rien pris sur les Allemands12.

L’après midi, je suis retourné avec une patrouille en camion à la Badine et j’y ai trouvé une compagnie de Tirailleurs Sénégalais13 qui venaient de débarquer à l’instant et à qui nous avons ainsi évité les combats d’un vrai débarquement. Cette compagnie a gardé tout l’armement des prisonniers que j’avais faits, les tirailleurs n’ayant pour la plupart que 5 cartouches par homme.

27/8 - N’ayant pu revoir le Colonel Cdt des F.F.I. et d’accord avec M. Picoche qui s’est chargé de transmettre toutes les explications indispensables, les hommes se sont engagés au BIMP14 et moi à l’artillerie de la 1ère DFL.

Un compte rendu sur l’activité du maquis avant le débarquement sera adressé dès que les conditions matérielles me le permettront.

1 - Il s’agit de la 1e Division française libre, alors commandée par le général Brosset. Elle s’est illustrée en effet aux côtés des Britanniques contre l’Africa Corps, en particulier à Bir Hakeim (27 mai-11 juin 1942). Son nom officiel est 1e Division de marche d’Infanterie, mais ses hommes continuent à l’appeler DFL, ce qui la distingue des autres unités de l’Armée B du général de Lattre de Tassigny, composées d’éléments de l’Armée d’Afrique restée fidèle à Vichy jusqu’en novembre 1942,puis passée du côté du général Giraud et dont une partie des cadres et des hommes, Européens d’Algérie n’ont pas renié leur pétainisme.
2 - Chef départemental de l’organisation de résistance de l’armée, basé à Hyères, il vient d’être en effet nommé commandant des F.F.I. et de la subdivision du Var.
3 - Il s’agit du groupe F.F.I. dirigé par l’instituteur Victor Étienne que l’on voit apparaître peu après dans le journal. Celui-ci a écrit un rapport (vers le 21 août) où il précise qu’il a eu contact à 18 h 30 avec « un groupe de 50 patriotes d’un maquis du plan de Camp Juers (sic) ». L’avant-garde américaine arrive peu après à 19 h 40.
4 - Dominant La Crau et la vallée du Gapeau, le Mont-Redon est armé de mortiers et d’armes automatiques. Il sera pris le 20 août au matin.
5 - Le seul récit de cet engagement que nous connaissions est celui de Robert Morel (p. 20-22 de son témoignage dactylographié) : « Le 17, le Maquis mélangé aux Yankees, se scinde en plusieurs colonnes qui se mettent en marche en direction de La Crau …Tout est relativement tranquille, quand des éclairs et des bruits assourdissants déchirent le ciel sur nos têtes : les canons allemands pilonnent nos deux chars (américains)… Plusieurs mitrailleuses lourdes allemandes se mettent à cracher en rafales continues à ras du sol. À ce croisement de route, vers L a Crau, pas de doute, l’ennemi nous attendait. Je suis pétrifié … Les ceps de vigne éclatent sous les trajectoires sifflantes, quelques centimètres au-dessus de nous ». D’après Gleb Sivirine, Ernest a eu l’œil arraché et le commandant Florentin a été légèrement blessé.
6 - Il s’agit d’unités du 7e régiment d’infanterie, dépendant de la 3e Armée américaine qui a débarqué à Cavalaire le 15 août.
7 - Bataillon de marche 11, de la 2e Brigade de la 1e DFL. Les Borels sont un hameau de Hyères au sud de Sauvebonne, non loin de La Londe.
8 - Conformément aux accords entre Américains et Français, l’armée de Lattre qui a commencé à débarquer le 16 août à Cavalaire prend le relais à partir d’une ligne dite « bleue » correspondant la vallée du Gapeau. Tandis que les Américains libèrent l’intérieur de la Provence, les Français vont avoir à mener les deux grandes batailles de cette campagne, celle de Toulon (qui commence à Hyères), puis celle de Marseille.
9 - Il s’agit du lieutenant-colonel Lelaquet.
10 - Base aéro-navale.
11 - Batterie tenue par l’artillerie de marine allemande. Elle couvre la rade d’Hyères pour empêcher un débarquement ici.
12 - Vallier fait ici allusion aux très nombreux vols - en particulier de montres et de divers effets ou matériel - faits sur les prisonniers allemands par des F.F.I.. Il souligne par là que ses hommes ont eu une attitude exemplaire. En 1984, Sivirine disait qu’en conduisant les prisonniers à la caserne, ils ont été accompagnés sur le boulevard Gambetta par des quantités de Hyérois. Des Porquerollais criaient : « Mais c’est M. Gleb ! » et il ajoutait : « Quel spectacle ! » .
13 - Il s’agit d’éléments du 2e bataillon du 18e RTS, débarqué dans la nuit à la Tour fondue et qui ont occupé ensuite la presqu’île. Mais c’est l’action déterminante du maquis Vallier qui a permis sa libération. Voilà pourquoi l’une des rues du hameau porte son nom (rue du Maquis Vallier libérateur de Giens 23 août 1944).
14 - Bataillon d’infanterie de marine du Pacifique : cette unité de la 1e DFL, composée en partie de Calédoniens et Tahitiens, commandée par le capitaine Magendie, vient de se distinguer au cours de la dure bataille pour Hyères, en particulier lors de l’assaut donné au Golf-Hôtel, à l’Est de la ville.

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2 Comments

  1. J.M. Sivirine a dit
    30 August , 2006 à 4:58 pm

    Extrait de : Général de Lattre de Tassigny, “Histoire de la Première Armée Française, Rhin et Danube”, Paris, Plon, 1949.
    IIème partie, chapitre V, “La Victoire de Provence”
    Page 89

    “(…) leur fierté légitime [celle des troupes débarquées] ne saurait faire méconnaître l’appui trouvé auprès de la population varoise. (…) Je pense expressément à l’aide proprement militaire fournie par la fraction combattante de cette population enthousiaste.
    Si, en raison de la densité de l’occupation allemande, le Var n’a pas donné aux F.F.I. des bataillons aussi nombreux que d’autres régions, ceux qu’il avait pu constituer sous les ordres du colonel Lelaquet s’avérèrent braves et efficaces.
    J’ai déjà dit combien précieux avaient été pour la réussite du débarquement l’exactitude et l’intelligence des renseignements transmis, avant le Jour J, par la Résistance. Au cours de la bataille même, ce concours ne fit que croître en importance.
    Ce sont les F.F.I. qui, dans la nuit du 19 au 20 août, conduisent les tirailleurs (…) à travers la montagne désertique au nord de Toulon puis qui les aident à nettoyer les approches de Dardennes. Ce sont eux qui, à l’intérieur de la ville, font le coup de feu avec nos Chocs, harcèlent l’adversaire, attaquent ses véhicules ou même prennent part à l’attaque de ses points d’appui comme au fort Lamalgue ou au château de l’Aiguillon.
    Ce sont les F.F.I. qui, avec les Sénégalais, empêchent l’ennemi de faire sauter le pont de l’Escaillon, en coupant sous le feu la mèche lente adaptée à la charge explosive.
    C’est le groupe hyérois du lieutenant Sivirine-Vallier qui obtient le 23 août la capitulation d’une des plus grosses batteries côtières, celle de la Badine, à l’extrémité de la presqu’île de Giens, et en ramène 154 prisonniers.
    Exemples choisis entre beaucoup d’autres. On y lit la vaillance des fameux “terroristes” – mais aussi la fraternité qui s’établit entre eux et nos soldats. Beaucoup d’ailleurs demandent à s’engager dans nos unités afin de pouvoir continuer la guerre. La ville d’Hyères à elle seule fournit 150 de ces volontaires à la 1ère D.F.L.

  2. Dumont Thérèse a dit
    5 September , 2006 à 10:30 am

    Un très grand merci à la famille Sivirine pour ce cadeau qu’elle nous offre. Nous apprécions d’autant plus leur geste qu’un document aussi intéressant aurait sans doute pu voir le jour sur les maquis FTP bas-alpins (23 compagnies à la libération). En effet, Georges Alziari, responsable départemental de ce mouvement (un autre grand bonhomme) a récupéré dans une ferme d’Estoublon, après la Libération, l’ensemble de ses rapports journaliers. Nous avons demandé à la famille Alziari et au Musée de la Résistance à Nice, où est entreposé cet important dossier, de pouvoir le récupérer compte-tenu de l’importance et de l’intérêt des informations contenues pour nos travaux de recherches. Malheureusement nous nous sommes heurtés à la mauvaise foi de quelques-uns, anciens FTP de surcroît, ayant une idée très personnelle du devoir de mémoire et de la solidarité entre chercheurs.
    Thérèse Dumont, ancienne résistante en zone interdite
    coprésidente de l’asso. “Basses-Alpes 39-45, une mémoire vivante”
    Chevalier des Palmes Académiques pour aide aux enseignants et élèves
    (primaire, collèges et lycées).

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