Lecteur, ami

Friday 22 September 2006

Voilà près de neuf mois que nous faisons route ensemble, et aujourd’hui le chemin s’arrête, avec les dernières lignes du Journal du maquis. Lignes écrites “aux armées”, sous d’autres cieux que ceux du Var, au seuil d’une autre aventure qui allait entraîner ceux du maquis Vallier, tous engagés dans la 1ère Division Française Libre, des Vosges à Royan, puis en Alsace et enfin à l’Authion pour les derniers combats de libération du territoire.

De nos hésitations au seuil de cette entreprise (la publication au jour le jour des pages du Journal), nous nous sommes déjà expliqués ; à quoi bon ressortir tout ça, la place des souvenirs n’est-elle pas qu’avec les souvenirs ?

Ta réaction, lecteur, ami, a été tout autre, et pour dire les choses, inattendue et très encourageante. Beaucoup de messages sur les mél de l’un ou l’autre de nous deux ont complété les commentaires mis sur le site ; nous y avons lu ton intérêt, souvent passionné, tes questions, naturellement légitimes, sur tel ou tel épisode et la lecture de cet épisode que permet (ou qu’impose) le recul de soixante ans ; nous y avons aussi lu, harmoniques du récit, les échos dans ta propre histoire et dans ta propre famille de ces années de guerre, de lutte, d’espérance ; ton émotion, parfois palpable derrière tes messages, nous dit qu’au bout du compte c’était plutôt une bonne idée de publier le Journal.

Adieu, lecteur, ami ; et merci de la route commune.

Claude et Jean Michel

Le sac est lourd, les gars….

Friday 22 September 1944

Écrit pendant la campagne des Vosges avec la I. D.F.L. ,
souvenir du Maquis pour un journal que nous voulions fonder

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Le sac est lourd, les gars…

Les gars ! Le sac est lourd sur vos pauvres épaules
Courbées, meurtries, coupées pendant tout le chemin
Lassant, pénible et dur, que depuis ce matin
Vous fîtes sous la pluie et sous la grêle folles.

Marcher, toujours marcher, changer encore de camp,
Marcher durant des jours, sans trêve et sans arrêt,
Partir à tout moment, ne jamais respirer,
Ne jamais s’évader du rêve hallucinant…

Les gars! Vous qui souffrez et souffrirez encor,
Vous gagnez pas à pas la suprême victoire,
Par dessus la souffrance et la douleur des corps.

Déjà vous pénétrez dans la plus pure gloire
De ceux qui, dédaigneux des vivants et des morts,
Jusqu’au bout auront su “persévérer et croire”.

Fait à Ternuay, Novembre 1944

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